ACTUALITES AFRICAINES HEBDOMADAIRES

Nouvelle page pour vous informer de l'évolution du coronavirus sur nos différentes structures africaines;

Vendredi 3 Avril au Burkina mais vrai pour toute l'Afrique:

Le virus se répand ici aussi, pas avec la virulence d'autres contextes géographiques, du moins il semble : il marche lentement et sème la mort, la peur, l'angoisse.

Les mêmes mesures restrictives ont été prises rapidement dans d'autres contextes : fermeture des écoles et marchés, confinement, couvre-feu, restez à la maison, prenez soin de l'hygiène, gardez vos distances de sécurité, au premier symptôme appelez l'urgence médicale.

La fermeture des écoles et l'annulation des initiatives sociales et religieuses qui prévoyaient de grands rassemblements de personnes. Excellent mouvement : l'expérience chinoise et européenne a été maîtresse ! Cette mesure a été mise en œuvre sans problème. Quelques résistances, bien sûr, mais finalement, le bon sens a prévalu. Une autre expérience a également été copiée : la flambée des prix des masques, des gants, des savons . Une liste de prix nationale a été diffusée pour lutter contre le pillage. En regardant les autres pays, le Burkina semble (le doute est obligatoire) avoir bougé à temps pour s'assurer des équipements et du matériel médical indispensables pour faire face à l'urgence (c'est ce qu'ils disent à la télé).

L 'os dur à gérer est ce "restez à la maison". auquel une autre mesure est associée, vraiment inacceptable pour ceux qui vivent à la journée : la fermeture des marchés. Sans parler, enfin mais pas en dernier, de la gestion difficile de la réponse hygiénique (eau et savon) à la pandémie.

Rester dans quelles maisons ? Nous sommes en pleine saison sèche et il fait une chaleur terrible. Beaucoup (trop) maisons sont délabrées et bondées de gens. Elles sont placées l'une à l'autre, avec un petit espace extérieur souvent en commun avec d'autres familles. Pour beaucoup (trop) la maison est "entrée couché", seul environnement, 13-15 m2 en tout et pour tout. Les plus chanceux ont 4-5 m2 de plus, une petite chambre pour la chambre. Pendant la journée, le toit en tôle transforme les maisons en saunas.

La recherche de la nourriture et la fermeture des marchés est une affaire très sérieuse : malheureusement, on mange tous les jours même en présence du coronavirus ! Seuls quelques-uns peuvent se permettre une réserve alimentaire : une bouteille d'huile ; beaucoup de riz ; un kilo de sel ou de sucre ; un panier de soumbala ou de gomb sec ou de cacahuète. Chaque jour, on va au marché ou chez la voisine qui fait des petits affaires et on achète le nécessaire pour le déjeuner et le dîner quotidien parce que l'argent disponible ne permet rien d'autre : on vit à la journée et on mange avec le travail de chaque jour. Beaucoup de gens achètent chaque jour une cuillère d'huile (50 f), peut-être chez la voisine qui a eu la chance d'acheter un litre d'huile, l'a méticuleusement distribué en sachets et le revend pour gagner ces 200-300 f qui lui permettent d'aller au marché et d'acheter le "pain quotidien" à mettre sur la table pour se nourrir elle-même et toute la famille. Et ces 50 f pour acheter de l'huile sont le fruit, peut-être et sans peut-être, de la vente encore de quelque chose, peut-être de sachets de pâtes, parce qu'à son tour, un kilo de spaghettis ont été acheté et, après les avoir brisés, en sachets et vendus au détail. Et c'est le cas pour tout : tomates, oignons, aubergines, poivrons vendus à des unités ou à petits tas de 2 ou 3 ou 4 ; le sucre ou le sel vendus en sachets de 50 ou 100 grammes ; le café le sachet unidose. On achète le détail du détail. Si l'on écoute au fond des femmes qui à la télé, la réalité, ça donne la chair de poule : avec les marchés fermés, on ne meurt peut-être pas de virus, mais on mourra certainement de faim. Fermer tout dans un pays qui vit d'économie de subsistance, c'est comme préparer la corde et l'attaquer à un arbre. Pourtant, il a été constaté que c'était le seul moyen d'arrêter la propagation du virus. Alors peut-être qu'à la fermeture et à l'invitation à rester à la maison, il fallait immédiatement activer et accompagner un programme de soutien alimentaire pour toutes ces familles qui vivent de ce qu'ils produisent. Les fonctionnaires fin février ont reçu leur salaire et continueront jusqu'en mars, mais les autres ? Que va-t-il devenir leur avenir ?

Un autre "point crucial" est l'hygiène. Dans les villages, il y a le puits commun, presque toujours en banlieue, au carrefour de plusieurs villages. Dans les villes, pas dans tous les quartiers et pas dans toutes les maisons, la distribution de l'eau est centralisée. Dans les villages, un puits a besoin d'une myriade de gens et c'est assez loin pour décourager même les plus bien intentionnés à aller chercher de l'eau une seule fois de plus que l'organisation de tous les temps. Dans la ville, le manque d'eau est quotidienne et concerne souvent les heures de l'après-midi quand la chaleur est plus insupportable. Il n'y a rien à dire : il suffit de fermer les yeux, d'imaginer les maisons décrites sans eau et d'entendre dans ses oreilles l'invitation à se laver les mains bien, plusieurs fois par jour, avec du savon.

La situation est très critique et le peuple burkinabé aura certainement le courage d'affronter cette épreuve avec une grande dignité et ténacité.

Quand on se rencontre de loin, on se dit "bon courage": que le courage habite notre cœur et nous mène hors de ce terrible tunnel.

 

 

SÉNÉGAL :

https://www.senenews.com/actualites/coronavirus-le-couvre-feu-mis-en-place-par-macky-sall_303128.html Ce sera de 20 heures à 6 heures du matin, à partir de minuit. Le couvre-feu, déclaré par le président Macky Sall lors de son adresse à la Nation et des hôtels aménagés pour recevoir les malades.

 

Idem au Burkina sur : En l’absence de vaccin et de traitement validé, le seul antidote contre le coronavirus demeure la prévention individuelle et collective, a expliqué le président Roch Marc Christian Kaboré pour justifier ces mesures de restriction des libertés.

 

Et au Mali : un seul respirateur et une vingtaine de lits de confinement…pour tout le Mali